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    L’économie circulaire, axe de création de valeur

    L’économie circulaire, axe de création de valeur

    Article publié le 25/01/2022

    L’économie circulaire est caractérisée par trois domaines d’action (l’offre des acteurs économiques, la demande et le comportement des consommateurs, et la gestion des déchets) associés à sept piliers. Elle permet aux entreprises de mieux maîtriser le cycle de vie des produits et l’impact de leurs activités sur l’environnement, et donc de créer de la valeur.

    Lorsque l’on s’intéresse aujourd’hui à la décarbonation de l’industrie et, plus généralement, à la transition énergétique, la recherche d’efficacité énergétique n’est plus forcément la seule piste qu’un industriel peut mettre en œuvre. Selon sa maturité dans le domaine, l’entreprise peut très bien s’être déjà convertie à l’optimisation de ces procédés, voire à la récupération d’énergie, et donc se tourner ensuite vers l’intégration d’énergies alternatives, la capture et la valorisation de ses émissions « résiduelles », voire même l’économie circulaire. Le modèle de notre économie actuelle est celui d’une économie linéaire que l’on peut résumer de la manière suivante : extraction de matières premières, production d’un bien, utilisation de ce dernier et, en bout de cycle, fin de vie et production de déchets. Ce modèle linéaire génère du gaspillage et ce qu’on appelle des externalités négatives - les activités de consommation et de production génèrent des effets qui ne sont pas directement liés aux finalités de ces activités, effets qui peuvent être positifs ou négatifs.

    L’économie circulaire est un modèle alternatif qui propose une vision systémique d’un territoire et de ses enjeux économiques, environnementaux et sociaux. Selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), l’économie circulaire peut se définir comme un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement, tout en développant le bien être des individus.

    L’offre des acteurs économiques

    L’économie circulaire est caractérisée par trois domaines d’acL’offre des acteurs économiquestion associés à sept piliers : l’offre des acteurs économiques, domaine dans lequel on trouve quatre piliers (approvisionnement durable, écoconception, écologie industrielle et territoriale, économie de la fonctionnalité) ; la demande et le comportement des consommateurs (consommation responsable, allongement de la durée d’usage) ; et la gestion des déchets, domaine dans lequel on trouve le dernier pilier (recyclage). L’ensemble de ces domaines d’action forment un cycle, où chaque étape entraîne la suivante.

    Regardons d’un peu plus près chacun des sept piliers mentionnés. L’approvisionnement durable vise l’exploitation/extraction efficace des ressources renouvelables et non renouvelables, en limitant les rebuts et l’impact sur l’environnement. La consommation mondiale des ressources naturelles que sont l’eau, l’air, les sols et les matières premières atteint un niveau de croissance qui ne peut plus se prolonger sans dommages irréversibles, ou sans hypothéquer la disponibilité de ces ressources pour les générations futures. Pour qu’elles ne soient plus exploitées qu’au regard de leur disponibilité et leur impact sur l’environnement, il convient dorénavant de réfléchir en termes de stock disponible, et non de flux croissant, pour bon nombre de ressources.

    L’écoconception, elle, vise à minimiser les impacts environnementaux en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie d’un procédé, d’un bien ou d’un service. « 80 % des impacts environnementaux d’un produit sont définis dans la phase de conception », indique l’Institut national de l’économie (INEC) et OPEO dans leur étude « Pivoter vers l’industrie circulaire » (avril 2021). Cette démarche constitue une approche positive de l’environnement et un levier de création de valeur pour une entreprise. Les premiers concepts ont été définis en 2002 avec la norme ISO 114062, qui précise que l’écoconception vise à « intégrer des aspects environnementaux dans la conception et le développement de produits ». En 2009, la directive 2009/125/CE, déterminant un cadre pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception applicables aux produits liés à l’énergie, la définit comme « l’intégration des caractéristiques environnementales dans la conception du produit en vue d’améliorer la performance environnementale du produit tout au long de son cycle de vie ».

    L’économie de la fonctionnalité, un changement de culture

    Quant à l’écologie industrielle et territoriale (EIT), elle constitue un mode d’organisation interentreprises par des échanges de flux, ou une mutualisation de besoins, et vise à optimiser les ressources sur un territoire, qu'il s'agisse d'énergies, d'eau, de matières, de déchets, d'équipements et d'expertises, via une approche systémique qui s'inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels. Par exemple, l’énergie utilisée par une entreprise peut provenir de la chaleur fatale d'un site voisin. En plus d’une relocalisation des flux et de bénéfices économiques directs, les entreprises peuvent réduire leur impact environnemental, et les démarches d'EIT représentent un facteur de dynamisme pour le bassin économique local. Selon le rapport État des lieux de l'EIT en France (septembre 2020) de l’Orée/Ademe, 50 % des démarches d'EIT ont permis de développer de nouvelles opportunités de marchés pour les entreprises.

    Dernier pilier dans le domaine de l’offre, l’économie de la fonctionnalité est un modèle émergent qui constitue un véritable changement de culture, en induisant plus largement des transformations profondes dans les modes de production et de consommation. La relation entre l’offre et la demande n’est plus uniquement basée sur la simple vente de biens ou de services. La contractualisation repose sur les effets utiles (bénéfices), et l’offre s’adapte aux besoins réels des personnes, des entreprises et des collectivités ainsi qu’aux enjeux relatifs au développement durable. Par exemple, on passe de la vente de chaudières et d’énergie à des solutions de confort thermique et d’efficacité énergétique, de la vente de compresseurs industriels à des solutions de fourniture d’air comprimé et d’efficacité énergétique.

    economie circulaire

    La demande et le comportement des consommateurs

    Du côté des consommateurs, on retrouve donc la consommation responsable et l'allongement de la durée d’usage. Pour le premier des deux piliers, les biens et services que nous consommons chaque jour ont des impacts sur l'environnement tout au long de leur cycle de vie, de l’extraction/production des matières premières à la fin de vie du produit en passant par la fabrication, le transport, le stockage des produits et l’utilisation. À chaque étape, les produits agissent sur le changement climatique, l'écotoxicité aquatique, l'acidification de l’air, etc. Pour réduire ces impacts, il s’agit de les connaître, d’agir sur leurs modes de production et de consommation et de disposer de moyens pour reconnaître les produits plus respectueux de l’environnement.

    En ce qui concerne l'allongement de la durée d’usage par le consommateur, le réemploi et la réutilisation contribuent au prolongement de la durée de vie des produits et participent à l’économie circulaire et à la réduction de la production des déchets. La loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) a renforcé la priorité donnée à la prévention de la production de déchets dans les actions à mener pour favoriser la transition vers une économie circulaire. Le programme national de prévention des déchets 2014-2020 constitue, quant à lui, un levier pour la mise en œuvre d’actions concrètes de réduction des déchets.

    Enfin, dans le domaine de la gestion des déchets, le septième et dernier pilier (le recyclage) constitue à la fois un mode de traitement de déchets et un mode de production de ressources. Il intervient en troisième position après la prévention et le réemploi dans la hiérarchie des modes de traitement. L’ensemble des étapes du cycle des matières et des produits doit être pris en compte pour bien comprendre les enjeux du recyclage. Chaque étape du cycle peut influencer, de manière variable, les étapes de la collecte des déchets jusqu’à la production de biens.

    gestion dechets

    Des freins internes et externes

    Mais derrière ce beau schéma de l’économie circulaire, les industriels peuvent être confrontés à des freins de nature différente, comme le mentionnent l’INEC et OPEO. L’organisation et la chaîne logistique ont trait à la structure interne de l’entreprise, tandis que la réglementation et la demande sont des freins externes et liés au cadre systémique. Et la rentabilité est à la fois influencée par le modèle économique de l’industrie et conditionné par les soutiens comme des financements privés ou la commande publique. Mais selon leur taille et leur niveau de maturité, les industries sont plus ou moins sensibles à certains effets. Toujours selon l’INEC et OPEO, l’empreinte environnementale des cœurs d’usine représente moins de 5 %. C’est pourtant là que se sont concentrées les transformations industrielles des dix dernières années. Pour faire face aux enjeux de ressources, l’industrie du futur ne doit pas seulement intégrer le « 4.0 » et se centrer sur le cœur d’usine ; elle doit également transformer l’ensemble des chaînes de valeur, en intégrant l’amont (les ressources) et l’aval (l’usage des produits). Cette transformation requiert une réinvention des modèles économiques vers la circularité.

    Entre l’amélioration de l’impact carbone, notamment grâce à une logistique de proximité, la diminution de la consommation de matières vierges, qui induit une meilleure maîtrise du coût des matériaux et une sécurisation des approvisionnements, la création de nouveaux emplois locaux qualifiés, ou encore l’anticipation des nouvelles réglementations et la garantie d’une indépendance face à la variation des prix d’élimination des déchets conclusion, les bénéfices de l’économie circulaire ne sont plus à démontrer, rappelle l’Ademe.

    L’économie circulaire crée de la valeur en permettant aux entreprises de mieux maîtriser le cycle de vie des produits et l’impact de leurs activités sur l’environnement, mais aussi en les incitant à créer des services innovants. Et une démarche d’économie circulaire améliore l’image de la société vis-à-vis de ses parties prenantes et est facteur de mobilisation de ses collaborateurs, de plus en plus sensibilisés aux enjeux environnementaux.

    Une maturité différente entre PME et grands groupes

    L’enquête réalisée par l’Institut national de l’économie (INEC) et OPEO - voir leur étude « Pivoter vers l’industrie circulaire » (avril 2021) - montre que 84 % des entreprises ont travaillé sur des modèles économiques circulaires, mais que seulement 38 % d’entre elles ont mis en œuvre plus de trois modèles en parallèle. La maîtrise du cycle de vie des produits des industriels est donc partielle et laisse la place à un potentiel complémentaire de création de valeur. Si les PME se positionnent davantage sur des modèles de réparation/réemploi produit, les grandes entreprises se penchent sur les modèles de réemploi matière. Autre résultat de l’étude : 100 % des ETI et des grands groupes ont au moins un modèle économique circulaire, contre 76 % des PME et start-up. Parmi les modèles économiques circulaires, le moins développé est celui de l’économie de la fonctionnalité (moins de 19 %), mais c’est aussi le plus complexe en termes de développement produit et d’acceptabilité client. Parmi les autres résultats, 39 % des entreprises interrogées ont développé des modèles autour du sourcing/achat de matières recyclées. 35 % ont développé des modèles économiques autour de la valorisation de la durée de vie et des services associés. Enfin, environ 28 % se sont positionnées sur la vente de produits de seconde main ou remanufacturés.

    Source :https://www.ademe.fr/expertises/economie-circulaire

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