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    Qu'est-ce que le décret BACS « Building Automation & Control Systems » ?

    decret bacs

    Article publié le 07/02/2023

    Dans la continuité du décret Tertiaire, dont l’objectif est de fixer le cadre réglementaire relatif aux économies d’énergie des bâtiments, entrepôts, usines etc., le décret BACS vient quant à lui le compléter en listant les moyens que les entreprises – notamment industrielles – doivent mettre en œuvre pour y parvenir.

    Objectif : équiper les bâtiments de systèmes d'automatisation et de contrôle d'ici le 1er janvier 2025.

    Publié le 20 juillet 2020, le décret BACS (cet acronyme signifiant « Building Automation & Control Systems ») a pour objet de déterminer les moyens à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs de réduction de consommation d’énergie fixés par le décret Tertiaire. Pour rappel, le décret Tertiaire se définit comme étant un dispositif visant à diminuer la consommation énergétique du secteur tertiaire français de 60% à l’horizon 2050, et ce par rapport à 2010. Entré en vigueur le 1er octobre 2019, celui-ci précise les modalités d’application de l’article 175 de la loi Élan.

    Le décret Tertiaire se déroule selon trois étapes clés : le relevé des consommations, la définition d’un plan d’actions puis sa mise en œuvre. À travers le décret BACS, ce dernier impose de mettre en place un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments d’ici le 1er janvier 2025. Cette réglementation concerne ainsi tous les bâtiments tertiaires non résidentiels pour lesquels les systèmes de production d’énergie, de chauffage ou de climatisation, combinés ou non à un système de ventilation, délivrent une puissance nominale supérieure à 290Kw.

    Les objectifs du décret BACS sont multiples. Entrant dans le cadre de la gestion technique des bâtiments (GTB), ils portent d’abord sur le suivi, l’enregistrement et l’analyse des données de consommation énergétique. Mais les modalités du décret supposent surtout d’ajuster en temps réel la consommation des systèmes techniques en fonction des besoins. Il s’agit surtout, in fine, d’agir de manière prévisionnelle en détectant et en alertant le responsable d’exploitation des éventuelles dérives de consommation, avant même qu’une panne ou un quelconque dysfonctionnement ne surviennent. L’objectif au final est bien d’éviter une surconsommation liée à problèmes techniques sur les équipements, induisant des surcoûts inutiles.

    Ce pilotage concerne notamment le chauffage et la température de l'air intérieur, le système de climatisation (traitement de l'air intérieur et contrôle de la température) et de ventilation (renouvellement de l'air intérieur) mais aussi toutes les autres composantes du système technique de bâtiment : production d'eau chaude sanitaire, éclairage intégré, automatisation et contrôle des bâtiments, production d'électricité et d’énergie (y compris renouvelable).

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    De la GTB à une gestion « smart » du bâtiment

    Qu’il s’agisse de bâtiments neufs et existants, désormais, les systèmes de régulation automatique de chaleur sont obligatoires pour tous les bâtiments ayant remplacé leurs générateurs de chaleur ainsi que les bâtiments neufs.

    Pour atteindre les exigences de la réglementation, il est obligatoire d’installer un système d'automatisation et de contrôle de bâtiment. En somme, il s’agit de mettre en place dans le bâtiment tout système comprenant tous les produits, logiciels et services d'ingénierie capables de soutenir le fonctionnement efficace sur les plans énergétique et économique, et sûr, des systèmes techniques de bâtiment au moyen de commandes automatiques et en facilitant la gestion manuelle de ces systèmes techniques de bâtiment.

    Pour ce faire, il existe de multiples technologies, à commencer par des logiciels permettant de décentraliser, d’enregistrer mais aussi d’analyser les données de consommation énergétiques afin d’élaborer un suivi et des ajustements si nécessaires. Il est aussi et surtout possible, avec certains logiciels, de piloter à distance les équipements tels que la CVC. Enfin, selon les fonctionnalités qu’ils offrent et leur capacité à communiquer avec les installations, il donnent la possibilité de mener des actions préventives voire prévisionnelles (ou prédictives) et ainsi d’alerter les opérateurs d’un dysfonctionnement sur un équipement.

    En somme, outre les logiciels et les différents capteurs intelligents pouvant prendre place à différents endroits d’un bâtiment, on parle plus globalement d’immotique néologisme combinant « immobilier » et « automatique » voire « informatique ». De la GTB, on passe alors à une gestion intelligente du bâtiment, autrement appelée « smart building ». Prenant en compte la construction et l’exploitation du bâtiment dès sa conception grâce au BIM (Building Information Modeling) reproduisant virtuellement le bâtiment physique, le smart building vise à intégrer ensuite tous les moyens ou instruments de type IoT et logiciel permettant de connecter les équipements, suivre et piloter à distance la consommation énergétique du bâtiment.

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